Oraison (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XI e siècle. Emprunté du latin oratio , « discours », puis « prière », lui-même dérivé de orare , « parler ».
1. Anciennt. Discours. L'exorde est une des parties de l'oraison. Ne subsiste en ce sens que dans Oraison funèbre, discours prononcé à l'occasion des funérailles d'un personnage illustre, et qui s'attache à dégager la valeur exemplaire de ses mérites. Bossuet, Fléchier, Mascaron, Bourdaloue, Massillon élevèrent le genre de l' funèbre à la grande littérature.
2. Invocation adressée à Dieu ou aux saints. Une conclut chaque heure de l'office divin. L'antienne et l' de la Vierge, de tel ou tel saint , propres à l'office de la Sainte Vierge, de tel saint. Oraison dominicale , voir . Les grandes s du Vendredi saint , l'ensemble des neuf prières qui, durant l'office du Vendredi saint, sont récitées à toutes les intentions de l'Église, avant l'adoration de la Croix. Spécialt. Chacune des trois prières qui, à la messe, sont récitées ou chantées au nom de l'assemblée par le célébrant. Le missel compte trois s : la collecte, la prière sur les offrandes, naguère appelée secrète, et la postcommunion.
3. Oraison mentale ou, simplement, oraison , méditation silencieuse sur quelque sujet de piété, qui fait entrer l'âme en communion avec Dieu. Se mettre, entrer, être en . Faire . L' est un des principaux exercices de la vie monastique . Oraison jaculatoire , voir . Les états d'oraison , les différents états que connaît l'âme qui, par la prière, s'élève à la contemplation des mystères divins et s'unit intimement à Dieu. Bossuet écrivit un traité sur les états d' pour s'opposer notamment au quiétisme .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 


Grammaire
Assemblage de mots qui forment un sens complet et qui sont construits suivant les règles grammaticales. "Les parties d'oraison" ou "de l'oraison sont les différentes espèces de mots." Il est vieux.
Il se disait autrefois d'un Ouvrage d'éloquence composé pour être prononcé en public. "L'exorde est une des parties de l'oraison." Il n'est plus usité aujourd'hui qu'en parlant de Certains discours prononcés à la louange des morts, particulièrement dans la chaire sacrée et qu'on nomme "Oraisons funèbres. Les s funèbres de Bossuet."
Il se dit encore d'une Prière adressée à Dieu ou aux saints. "Oraison mentale, jaculatoire. Une des prières de la messe se nomme . L' dominicale. L'antienne et l' de la Vierge, de tel saint. Être en . Se mettre en . Livre d'oraison." Dans ces trois derniers cas, on dit plutôt aujourd'hui "Prière."
Il se dit enfin, en Langage mystique, des Communications de l'âme avec Dieu, sans entremise d'une formule de prières. "Les états d'oraison. Faire ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Terme de grammaire. Assemblage de mots construits suivant les règles de la grammaire.
MOL.: « Pour rompre toute loi d'usage et de raison Par un barbare amas de vices d'oraison »
LA BRUY.: « L'avantage qu'il y a à avoir un mot de moins à placer dans l'oraison »
J. B. ROUSS.: « De ces grands mots, clinquant de l'oraison »
    Les parties d' ou de l' étaient autrefois ce que nous nommons aujourd'hui parties du discours, c'est-à-dire les espèces de mots.

 2   Dans le langage didactique, ouvrage d'éloquence composé pour être prononcé en public. Une dans le genre démonstratif. L'exorde est une des parties de l'oraison.
    Nom que l'on donne aux discours des anciens orateurs grecs et latins. Les s de Démosthène, de Cicéron.
LA BRUY.: « L'on n'a guère vu jusqu'à présent un chef-d'oeuvre d'esprit qui soit l'ouvrage de plusieurs : Homère a fait l'Iliade.... et l'orateur romain ses s »
VOLT.: « Je suis corps, il n'y a point d'esprits ; cela me paraît bien grossier ; j'ai bien de la peine à penser que votre pro lege Manilia ne soit qu'un résultat de la déclinaison des atomes »
    Oraison funèbre, discours d'éloge, prononcé après la mort d'un personnage.
SÉV.: « Ne vous a-t-on pas envoyé l' funèbre de M. de Turenne [par Mascaron] ? M. de Coulanges et le petit cardinal m'ont déjà ruinée en ports de lettres, mais j'aime bien cette dépense : il me semble n'avoir jamais rien vu de si beau que cette pièce d'éloquence ; on dit que l'abbé Fléchier veut la surpasser, mais je l'en défie ; il pourra parler d'un héros, mais ce ne sera pas de M. de Turenne ; et voilà ce que M. de Tulle [Mascaron] a fait divinement à mon gré »
SÉV.: « En arrivant ici, Mme de Lavardin me parla de l' funèbre de Fléchier ; nous la fîmes lire, et je demande mille et mille pardons à M. de Tulle ; mais il me parut que celle-ci était au-dessus de la sienne »
LA BRUY.: « Une funèbre n'est aujourd'hui bien reçue du plus grand nombre des auditeurs, qu'à mesure qu'elle s'éloigne davantage du discours chrétien, ou, si vous l'aimez mieux ainsi, qu'elle approche de plus près d'un éloge profane »
SAINT-FOIX: « L' funèbre de Bertrand du Guesclin en 1380 est le premier exemple d'une funèbre prononcée dans l'église »
VOLT.: « Quand on lit son funèbre [de le Tellier, par Bossuet], et qu'on la compare avec sa conduite, que peut-on penser, sinon qu'une funèbre n'est qu'une déclamation ? »
D'ALEMB.: « Il [Bossuet] se livra bientôt à un autre genre, où il n'eut ni supérieur ni égal, celui des s funèbres ; toutes celles qu'il a prononcées portent l'empreinte de l'âme forte et élevée qui les a produites »
DIDER.: « L' funèbre était un hommage d'étiquette chez les Romains, ainsi que de nos jours »
MARMONTEL: « L'impression que font sur les âmes de grands exemples retracés avec une vive éloquence, sont les principes d'utilité sur lesquels a été fondé dans tous les temps l'usage des s funèbres : il fut institué chez les Grecs par Solon, chez les Romains par Valérius Publicola »
    Menteur comme un compliment, comme une funèbre, se dit de quelqu'un qui ment, de quelque chose qui est un mensonge.
    Fig.
BALZ.: « Et afin qu'il [un calomniateur] soit cru charitable, dans le moment même qu'il assassine, il ne tue personne dont premièrement il ne fasse l' funèbre »

 3   Prière à Dieu ou aux saints. Oraison jaculatoire. Faire l'oraison. Faire une . L' de tel saint.
RÉGNIER: « Faisant mainte , l'oeil au ciel, les mains jointes »
LA PONT.: « Le pasteur était à côté, Et récitait, à l'ordinaire, Maintes dévotes s »
MOL.: « Las ! il vit comme un saint ; et dedans la maison Du matin jusqu'au soir il est en »
BOSSUET: « Voulez-vous voir quel était l'esprit d' du serviteur de Dieu ? »
BOSSUET: « Ces âmes épanchées et dissipées qui aiment à se répandre au dehors.... sont-elles pour l'ordinaire bien spirituelles et filles d'oraison, si elles ne sont recueillies ? »
BOSSUET: « Touchés des périls de ceux qui, marchant, comme dit David, dans les grandes choses et dans des choses merveilleuses au-dessus d'eux, recherchent, dans l'oraison, des sublimités que Dieu n'a pas révélées et que les saints ne connaissent pas »
BOSSUET: « Jamais l'heure de l' ne fut changée ni interrompue, pas même par les maladies.... selon le précepte de Jésus-Christ, son fut perpétuelle, pour être égale au besoin »
BOSSUET: « Ange saint, qui présidiez à l' de cette sainte princesse.... racontez-nous les ardeurs de ce coeur blessé de l'amour divin »
BOURDAL.: « J'appelle chimérique, celle dont l'Évangile ne nous parle point, et que Jésus-Christ ni saint Paul ne nous ont jamais enseignée »
BOURDAL.: « L' la plus commune est celle dont le Fils de Dieu nous a lui-même prescrit la forme, et que nous appelons pour cela dominicale »
FLÉCH.: « Si le roi marchait au milieu des hivers, l' de la reine pénétrait les nues pour lui préparer les saisons »
FLÉCH.: « Frappé de ces murmures importuns qui interrompent les s des fidèles [durant le service divin] »
BOILEAU: « Il [le Tasse] n'eût point de son livre illustré l'Italie, Si son sage héros, toujours en , N'eût fait que mettre enfin Satan à la raison »
    États d'oraison, les divers états de l'âme pour et pendant l'oraison.
    Oraison mentale, qui se fait sans proférer aucune parole ; par opposition à vocale.
STE THÉRÈSE: « Je connais une personne fort vertueuse.... qui emploie les jours et les nuits en des s vocales, sans pouvoir jamais faire l' mentale »
BOILEAU: « Elle lit Rodriguez, fait l' mentale »
VOLT.: « Il [Ravaillac] était très dévot, faisait l' mentale et jaculatoire ; il avait même des visions célestes »
    Fig.
P. L. COUR.: « Dieu, dis-je en moi-même tout bas, Dieu, délivre-nous du malin et du langage figuré ! les médecins m'ont pensé tuer, voulant me rafraîchir le sang ; celui-ci m'emprisonne, de peur que je n'écrive du poison.... Jésus, mon Sauveur, sauvez-nous de la métaphore ! après cette courte mentale, je repris.... »
    Il a dit le matin une bonne , se dit à un homme à qui, pendant le jour, il arrive quelque heureuse fortune.
    Terme d'église. Se dit quelquefois pour salut. Aller à l'oraison.

REMARQUE
    Au mot SANCTIFIER, l'Académie met un grand O à Oraison dominicale ; elle n'en met point à la même expression dans l'article ORAISON.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
WACE: « Prestre n'i fit beneïçon ; Messe n'i ot ne orison »
     Th. le mart. 94: Une nuit, quant mult fu penez en oreisun E il fu endormiz
     ib. 161: Que par vostre preiere e par vostre oreisun, Puisse l'amour conquerre del pretius barun
    XIIIème siècle
     Ass. de J. I, 29: Le patriarche ou le prelat.... li dit plusiors orisons sur la teste
BEAUMANOIR: « Et aussi li moustiers est communs à toz por fere ses orisons, en tans et en lieu convenable »
JOINV.: « Il appela les sains pour li aider et secourre, et meismement monseigneur Saint Jaque, en disant s'oroison qui commence : Esto domine »
    XIVème siècle
     Ménagier, I, 3: Oroison sans devocion est messagier sans lettres
    XVIème siècle
MONT.: « Jusques à ce que, par s et sacrifices, ils eussent appaisé l'ire des dieux »
MONT.: « Je sçaiz bon gré à J. Amyot d'avoir laissé dans le cours d'une françoise les noms latins touts entiers »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. oratio, oraso, oration, orazon ; espagn. oracion ; ital. orazione ; du latin orationem, de orare, parler, dénominatif de os, oris, bouche.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE ORAISON. Ajoutez :

 3   L' dominicale, la prière, dite aussi le Pater, qui commence par ces mots : Notre père qui êtes aux cieux.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


T. de Gram. Discours, assemblage de mots qui forment un sens complet, et qui sont construits suivant les règles grammaticales. "Les parties d'oraison" ou "de l' sont les différentes espèces de mots. Le solécisme est un vice d'oraison, est un des vices de l'oraison."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Un ouvrage d'éloquence composé pour être prononcé en public. "Une dans le genre démonstratif. L'exorde est une des parties de l'oraison. Les s de Démosthène, de Lysias, d'Isocrate, de Cicéron." Il ne s'emploie jamais en ce sens que dans le didactique, ou en parlant Des discours des anciens orateurs. Pour les ouvrages modernes, il n'est plus usité qu'en parlant De certains discours prononcés à la louange des morts, et qu'on nomme "Oraisons funèbres."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore d'Une prière adressée à Dieu ou aux saints. "Oraison vocale, mentale, jaculatoire. Faire l'oraison. Faire une . Être en . Se mettre en . Aller à l'oraison. L' dominicale. L' de la messe. L'antienne et l' de la Vierge, de tel saint. Livre d'oraisons."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Discours, assemblage de mots qui forment un sens complet, et qui sont construits suivant les règles grammaticales. Dans cette acception, il est terme de Grammaire. "Combien y a-t-il de parties d'oraison? Le solécisme est un vice d'oraison, est un des vices de l'oraison".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Oraison, se dit aussi d'Un ouvrage d'éloquence composé pour être prononcé en public. "Une dans le genre démonstratif. L'exorde est une des parties de l'oraison. Les s deCicéron". Il est à remarquer que ce mot ne se dit que dans le Didactique, ou en parlant des discours des anciens Orateurs; et pour les ouvrages modernes, "Oraison" n'est plus en usage aujourd'hui, qu'en parlant Des discours que l'on prononce à la louange des morts, et qu'on nomme "Oraisons funèbres".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Oraison, se dit communém. d'Une prière adressée à Dieu ou aux Saints. "Oraison vocale. Oraison mentale. Faire l'oraison. Faire . Être en . Se mettre en . Aller à l'oraison. L' Dominicale. L' de la Messe. L'antienne et l' de la Vierge, d'un tel Saint, etc. Livre d'oraisons".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Discours, assemblage de plusieurs paroles rangées avec ordre. En ce sens, il est terme de Grammaire. "Combien y a-t-il de partie d'oraison? Le solécisme est un vice d'oraison. Le solécisme est un des vices de l'oraison."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi d'Un discours d'éloquence composé pour être prononcé en public. "Une dans le genre démonstratif. L'exorde est une des parties de l'oraison. Les s de Cicéron. Les s de Démosthène, de Lysias, d'Isocrate." Il est à remarquer que ce mot ne se dit que dans le didactique, ou en parlant des discours des anciens Orateurs; & aujourd'hui "Oraison" n'est plus en usage dans ce sens-là, qu'en parlant des discours que l'on prononce à la louange des morts, & qu'on nomme "Oraisons Funèbres."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit communément d'Une prière adressée à Dieu ou aux Saints. "Oraison vocale. Oraison mentale. Faire l'oraison. Faire . Être en . Se mettre en . Aller à l'oraison. L' Dominicale. L' de la Messe. L'antienne & l' de la Vierge, d'un tel Saint, &c. Livre d'oraisons."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

ORATEUR, s. m. ORATOIRE, adj. et subst. ORATOIREMENT, adv. ["Orèzon", "ra-teur", "toâ're", "toâ-reman;" 2e "è" moy. au 1er, 3e lon. aux 2 dern. 4e "e" muet.] "Oraison" est, 1°. Discours d'éloquence, destiné à être prononcé en public. On ne le dit plus en ce sens, que des discours des anciens Orateurs; "les Oraisons de" Démosthène, de Cicéron, "etc." et des discours qu'on prononce à la louange des morts: "Oraison Funèbre".
- 2°. Prière adressée à Dieu et aux Saints. On ne le dit guère, dans cette acception, que des prières particulières de l'ofice divin. Ailleurs on se sert ordinairement du mot de "prière". On dit encôre "l' Oraison Dominicale".
- 3°. Méditation. Faire "l'oraison", ou "oraison" (sans article.) Une heure, une demi heure d'"oraison". 'Oraison "mentale". 'Être "en ", aler "à l'oraison".
   ORATEUR a le 1er sens d'"oraison", mais il a un emploi plus étendu. Il se dit de celui qui compôse et prononce des discours d'éloquence. 'Grand, célèbre "Orateur".'"Orateur" froid ou véhément.
- "L'Orateur Romain", "le Prince des Orateurs;" Cicéron.
   ORATOIRE, adj. Qui apartient à l'Orateur. 'L'Art "Oratoire": figûre, style "oratoire". = "Oratoirement", d'une manière oratoire. 'Cet Historien a traité ce morceau "oratoirement". 'Cela se dit "oratoirement".
- Il se prend en mauvaise part.
   ORATOIRE, subst. masc. Petit lieu, dans une maison, destiné pour prier Dieu. 'Il est retiré dans "son oratoire".
   REM. "Ménage" penchait à le faire féminin, malgré la décision de "Vaugelas". Th. "Corneille" disait que ce mot ne lui paraissait pas avoir encôre de genre fixe: aujourd'hui il est certainement masc. on dit: "un petit oratoire", et non pas "une petite oratoire".




Emplacement dans le dictionnaire :

opuscule
or
or blanc
oracle
orage
oragé
orager
orageusement
orageux

oral
orale
oralement
orang-outang
orange
orangé
orangeade
oranger
orangerie
orant
orateur




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Maurice BARRÈS (Le Voyage de Sparte)

...par l'impuissance où nous sommes, plus qu'aucun autre peuple en Europe, à résoudre nos difficultés éternelles de cléricalisme et d'anti-cléricalisme. Nos lettrés, à cette heure, ne font plus oraison. Pour ma part, je dois l'avouer, quand Ménard, depuis l'acropole ou, plus exactement, depuis le serapeum d'Alexandrie, regarde l'écroulement éternel de la matière divine, il m'inspire du respect...


Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...désespéré, un tel abandon de tout leur corps, qu'on put croire qu'ils allaient tomber dans la fosse. Il fallut les emmener. Ayant aspergé les planches d'eau bénite, puis ayant murmuré une dernière oraison, le vieux prêtre s'en alla, suivi du chantre, de la croix d'argent portée par l'enfant de choeur. La lourde chape noire balayait de ses plis cassants les herbes folles, et il marchait à pas lents,...


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...cent objets précieux en apparat dans les salons de l'hôtel, au faubourg saint-Honoré. De l'en préserver Omer suppliait Jésus, lorsque, les doigts joints sur le prie-Dieu, il redisait mot à mot l'oraison de la mère. Sa confiance ne doutait pas d'être exaucée. Qu'un enfant comme lui, que Jésus, des genoux de la sainte vierge pût conduire les destins, il s'en étonnait, il s'émerveillait et adorait,...


Citation n°4 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...lui est assuré... par les voies secrètes de votre providence... glissée à genoux, elle s'abîma dans la prière, et cacha sous les mains jointes les frémissements de son visage. N'osant interrompre l'oraison, Omer demeura comme seul dans l'immense pièce aux lambris lézardés, aux consoles déteintes, aux sofas de brocart fané. Comment tout cela n'était-il point enrichi soudain par la gloire souveraine du...


Citation n°5 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...le jésuite s'étant plaint, il se montra sévère. Omer dut écrire sous la dictée, en manière de punition, jusqu'au soir. Ce fut la deuxième coïncidence, survenue comme la veille, à l'heure même de l'oraison maternelle, pour abolir la minime chance qui lui restât de se résoudre aux avis dangereux du vice... pourquoi le général, toujours absent, était-il soudain rentré ? La providence agissait. L'ange...


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